Verdict de la CAF après la finale de la CAN : une décision déséquilibrée qui laisse un goût d’injustice

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Le verdict rendu par la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) à la suite des événements survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations laisse un profond sentiment d’incompréhension et de frustration du côté marocain.

Si les sanctions prononcées à l’encontre de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), de son staff technique, de certains joueurs et de ses supporters confirment la gravité des dérives observées lors de cette finale sous haute tension, les décisions visant la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) soulèvent de nombreuses interrogations quant à l’équité et à la cohérence de l’ensemble du jugement.

Il est indéniable que le Sénégal a été lourdement sanctionné : suspensions fermes, amendes cumulées dépassant les 600 000 dollars, reconnaissance explicite de comportements antisportifs, de pressions sur l’arbitrage et de débordements de supporters ayant « discrédité le jeu ». Ces éléments confirment ce que beaucoup ont observé sur le terrain : une finale marquée par une tension excessive, des attitudes contraires à l’esprit du fair-play et un climat délétère autour des officiels.

En revanche, le traitement réservé au Maroc interpelle. La suspension d’Achraf Hakimi, symbole de professionnalisme et de leadership, celle d’Ismaël Saibari accompagnée d’une lourde amende individuelle, ainsi que les sanctions financières infligées à la FRMF pour des faits périphériques — ramasseurs de balle, utilisation de lasers par certains supporters, envahissement de la zone VAR — donnent le sentiment d’une volonté de renvoyer artificiellement les deux finalistes dos à dos.

Plus préoccupant encore, le rejet pur et simple de la protestation déposée par la FRMF, malgré les multiples manquements reconnus dans le verdict même à l’encontre du camp sénégalais, pose la question de la portée réelle du droit de recours et du respect des règlements invoqués par la partie marocaine.

Le Maroc ne nie pas la nécessité de faire respecter la discipline et l’autorité arbitrale. La FRMF a toujours prôné le respect des règles, la responsabilité et l’exemplarité, tant sur le terrain qu’en dehors. Mais l’équité disciplinaire ne saurait se résumer à une logique de compensation ou d’équilibrage comptable des sanctions.

Cette finale de la CAN 2025 devait être une vitrine du football africain, de sa maturité et de sa crédibilité institutionnelle. Or, la lecture de ce verdict laisse planer un malaise : celui d’une justice sportive qui sanctionne, certes, mais sans dissiper les zones d’ombre, ni répondre pleinement aux attentes de transparence et de cohérence.

Le football marocain, fort de ses avancées, de ses infrastructures, de son rayonnement continental et mondial, mérite un traitement à la hauteur de son engagement et de son sérieux. Le respect des institutions passe aussi par la reconnaissance claire des faits et des responsabilités, sans amalgames ni décisions perçues comme politiquement équilibrées plutôt que sportivement justes.

Le Maroc continuera d’avancer, fidèle à ses principes, mais cette décision restera comme une occasion manquée pour la CAF d’envoyer un message fort en faveur d’une gouvernance disciplinaire exemplaire, lisible et incontestable.