Malgré le départ de sa star Robert Lewandowski, le Bayern Munich, très actif sur le marché des transferts cet été, est une nouvelle fois l’immense favori à sa propre succession dans le championnat allemand, qui débute vendredi à Francfort.

Dix couronnes à la suite, jamais une telle série n’avait été réalisée en Allemagne, le Bayern tombant toujours dans les années 2000 sur un club –le Werder Brême (2004), Stuttgart (2007), Wolfsburg (2009) ou plus fréquemment le Borussia Dortmund (2002, 2011, 2012)– pour pimenter un peu la Bundesliga.

Dans les rues munichoises, les supporters du Bayern affichent fièrement ce record sur le maillot célébrant les dix titres consécutifs, avec un écusson spécifique brodé, doré portant le chiffre 10, et une édition en rupture de stock.

Alors que les hostilités n’ont pas encore commencé pour la version 2022/23 du championnat allemand, le onzième sacre tend d’ores et déjà les bras aux joueurs de Julian Nagelsmann, qui lancent la saison vendredi soir sur la pelouse de l’Eintracht Francfort, surprenant vainqueur de la Ligue Europa en mai dernier et qui s’ajoute à la liste des prétendants pour mettre fin à la dynastie bavaroise.

A l’été 2015, Felix Magath avait annoncé que le Bayern allait gagner encore les dix saisons suivantes. Dans la presse allemande, l’entraîneur champion avec Wolfsburg (2009) et Munich (2005 et 2006), et sauveur du Hertha Berlin de la relégation l’an passé, a précisé sa prédiction, en voie de se réaliser: « Le Bayern sera champion, au moins tant qu’il jouera avec Manuel Neuer dans les buts ».

Au cours de l’été, Munich a dit adieu à sa star polonaise Robert Lewandowski, meilleur joueur Fifa en 2020 et 2021 et véritable machine à buts en Bavière (près de 350 réalisations) pendant huit saisons (sept fois meilleur buteur, dont les cinq dernières saisons), pièce maîtresse de l’ultra domination munichoise sur le plan national.

Lewandowski parti au FC Barcelone, les dirigeants munichois n’ont toujours pas trouvé d’avant-centre pur pour le remplacer, mais avec l’arrivée de Sadio Mané et l’éclosion progressive de Jamal Musiala, le Bayern n’a presque rien perdu de sa force de frappe offensive, et peut rêver de la symbolique barre des 100 buts inscrits en une saison (97 l’an passé), comme en 2020.

Maître tacticien sous les projecteurs pour sa deuxième saison à la tête du Bayern à seulement 34 ans, Julian Nagelsmann devra se montrer imaginatif pour faire sans avant-centre, à moins que le Bayern ne réussisse à trouver une solution dans les dernières semaines du mercato (jusqu’au 1er septembre).

Pour faire enfin chuter le Bayern, il y a pléthore de candidats. Premier du +championnat des autres+ l’an passé, le Borussia Dortmund n’a rien pu faire, comme le Bayern, pour empêcher le départ de son meilleur joueur à l’été, le Norvégien Erling Haaland -22 buts et 8 passes décisives en Bundesliga l’an passé- parti à Manchester City.

« Dortmund s’est considérablement renforcé », assure pourtant l’entraîneur du RB Leipzig, Domenico Tedesco. Sébastien Haller est arrivé en provenance de l’Ajax Amsterdam, mais l’attaquant franco-ivoirien de 28 ans sera indisponible, souffrant d’un cancer des testicules diagnostiqué mi-juillet.

Le BVB a investi selon la presse allemande 86 millions d’euros pour recruter à l’été et cherche une solution de remplacement. Karim Adeyemi en attaque espère lui confirmer tous les espoirs que le foot allemand place en lui, à commencer par le sélectionneur Hansi Flick.

Club fondé en 2009 par le groupe de boissons énergisantes Red Bull, le RB Leipzig s’est ouvert l’appétit avec un premier trophée, la Coupe d’Allemagne, en mai dernier. Les joueurs de Tedesco, qui a relancé l’équipe lors de la seconde partie de saison, ont « envie de plus » cette saison.

Avec Christopher Nkunku, qui a prolongé de deux saisons jusqu’en 2026 son bail en Saxe, Leipzig a un effectif assez stable et présente le profil idéal du trouble-fête.

Source:AFP